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RAC0 | Les fabricants d’équipements optiques alertent à nouveau : la réforme proposée relève de la cosmétique et prend en otage la santé visuelle des Français

Communiqué de presse | Paris – le 25 avril 2018

 

RAC0 | Les fabricants d’équipements optiques alertent à nouveau : la réforme proposée par le ministère relève de la cosmétique et prend en otage la santé visuelle des Français

Le 20 avril dernier, le GIFO a participé à l’ultime rencontre avec la Direction de la Sécurité Sociale (DSS) avant publication de son avis de projet de nomenclature. Si les fabricants se félicitent de certaines avancées de bon sens, ils restent très inquiets de certains points : la santé visuelle des Français est utilisée comme variable d’ajustement pour mener une réforme strictement budgétaire.

Des « avancées » cosmétiques par rapport au projet initial

Après de nombreuses réunions et discussions argumentées, le GIFO se félicite que le ministère ait renoncé à porter à 3 ans le remboursement des lunettes par les assurances maladie obligatoire (AMO) et complémentaires, ce qui aurait impacté près de 50% des porteurs. Il sera désormais de 2 ans. Notons que cela reste un recul par rapport à la situation actuelle, car la prise en charge par l’AMO est aujourd’hui annuelle. La DSS a également convenu de séparer la nomenclature du panier RAC0 (dit « optique essentiel de classe A ») de celle du marché « libre » (dit « de classe B »).

Le GIFO regrette que le ministère reste sourd aux impacts sanitaires de la réforme envisagée

Le GIFO regrette que la promesse de campagne du Président, celle de « lunettes gratuites de qualité », se solde par une « négociation » qui néglige la santé visuelle des Français.

Le GIFO continue de regretter le caractère précipité de la démarche RAC0 telle qu’elle est menée par la DSS, sans expertise interne. Cela conduit à des incohérences et continue de porter des risques sanitaires avec, notamment :

  • des critères de changement de la vue particulièrement drastiques (0.5 D), ce qui revient à dire qu’il est suffisant d’avoir une acuité de 6/10ème pour « bien voir » !
  • l’obligation pour les enfants nécessitant une forte correction de choisir entre un équipement incassable (avec reste à charge) et un équipement sans reste à charge (mais fragile) !
  • l’impossibilité pour les simples presbytes d’avoir des verres progressifs, les obligeant à jongler avec leur paire de lunettes loupes !

Le GIFO continue de penser que le panier RAC0 aura également des conséquences économiques contraires aux intentions affichées, en alourdissant le reste à charge des Français :

  • En imposant des matériaux avec des indices élevés au sein du panier RAC0, la nomenclature du panier à RAC 0 va créer un « standard » de qualité purement cosmétique. En imposant cette « norme », c’est le reste à charge de ceux qui ne choisiront pas le panier à RAC 0 qui sera mécaniquement augmenté.
  • Les plus fragiles ne trouveront pas de solution optique dans le panier RAC0 du fait de la faible valorisation des verres de très forte puissance.
  • En excluant les verres photochromiques de toute prise en charge, les porteurs devront acheter deux équipements au lieu d’un.
  • En n’acceptant pas le palier de 0.25 D recommandé par le GIFO, c’est-à-dire en considérant qu’une perte de 4/10ème d’acuité ne justifie pas un renouvellement, la DSS crée les conditions d’une médecine à deux vitesses, obligeant les moins aisés à attendre 2 ans pour retrouver 10/10ème alors que les plus aisés n’attendront pas autant pour retrouver une bonne vue.

Le GIFO exprime également ses plus vives inquiétudes sur une étatisation forcée du marché dit « libre »

Rappelant les impacts de la mise en œuvre des plafonds de remboursement dans le cadre des contrats responsables et solidaires sur l’accès aux innovations, aux produits de qualité, à la création et fabrication françaises, les fabricants de verres et de montures ont alerté à nouveau sur les dangers de cette ingérence dans la relation contractuelle entre les acteurs économiques et dans la liberté de choix des patients.

Le GIFO regrette que ses avertissements ne soient pas davantage écoutés car c’est la santé visuelle des Français et la santé économique de toute une filière qui en feront les frais.